De la jalousie à la louange...
Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! Ps 132,1)
Frères, nous le sommes tous, soit par notre naissance au sein d’une famille, soit en humanité, soit encore dans le Christ. Mais vivre en frères… le faisons-nous ?
Lorsque j’ai écris que je voulais faire un article sur « Etre joyeux pour l’autre » c’est que je trouve dommageable pour nos relations, pour mes relations que les gens ne se réjouissent pas spontanément de ce qu’il peut arriver de bon à l’autre…moi-même je découvre cette joie des profondeurs d’arriver à m’exprimer et de ressentir au plus profond de moi de la joie pour mes frères…
Cet incident, si je peux le nommer ainsi m’aura permis de sentir que le sentiment de bienveillance envers l’autre est toujours à refaire et j’avoue que même si je suis religieuse, je fais descendre d’un piédestal tout les comportements de mes consoeurs qui ont parfois bien du mal à tenir leur langue et à entrer dans la louange. Mais n’est-ce pas notre société qui nous convoque à un tel comportement ???
Si je parais pauvre, il sera facile de murmurer : "c'est que la justice (pour une fois) est juste !",
Si je parais riche, on hurlera : "c'est pour étaler sa réussite »
Si je parle souvent, on commentera : "quelle bavarde insupportable ! »
Si je me tais, on parlera en abondance sur moi : "quelle égocentrique, qui nous méprise de son désintérêt !"
Si j'ai peu d'amis, ce sera : à cause de mon mauvais caractère !
Si j'en ai beaucoup, on ajoutera : «elle ne sait pas vivre sa chasteté, je le savais, je l’ai toujours dit ».
Si je me mets à créer pour communiquer on dira de moi « elle veut toujours se mettre en avant celle-là »
Si je ne le fais pas on saura m’attendre au tournant pour me dire « qu’est-ce qu’elle est en train de mijoter »
Avec des « Si je » je ne vivrais plus…une amie (une vraie !) me disait l’autre jour que la plus grande des réussites c’est seulement d’être soi-même pour aujourd’hui…c’est aussi de prendre un peu de recul face à ce que l’autre nous renvoie…c’est une sage et elle a toute à fait raison… Alors je veux devenir patiente avec moi-même. Il me faut (sans toujours y parvenir totalement) ne pas me blesser de tous les bruits qui courent sur ma personne. Je n'ai pas d'autres ressources que de me montrer tel que je me sens, de témoigner de mes valeurs et de mes enthousiasmes, de mes doutes et de mes limites, seulement à ceux avec qui je suis en contact direct. Pour tous les autres qui parlent sur moi sans me connaître réellement, je ne peux rien, je suis impuissante, je laisse faire.
Jacques Salomé disait : "Il m’arrive aussi de vouloir hausser mon regard un peu plus au-dessus de l'horizon du quotidien et de rêver du jour où se vivra au quotidien une éthique simple, un engagement personnel de chacun de parler de lui, seulement de lui. De ne plus faire de discours sur les autres, d'accepter d'entendre enfin le chant des silences et des tempêtes qui traversent leur propre vie et ainsi de se réconcilier avec le meilleur d’eux-mêmes."
On existe avant tout pour nous. Chaque chose entreprit et faite pour nous et non pour le paraître ou pour autrui. Quand on a compris cela, on est moins attentif au regard de l'autre. Il faut en prendre et en laisser. Si la critique me permet d'avancer, je l'accepte et je l'entends mais si elle est là pour me ralentir et me déstabiliser j'essaie de passer outre.
Que ceux qui veulent suive ce chemin de relecture alors passons ensemble de la jalousie à la louange…